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Réseaux sociaux, intelligence artificielle… le monde de la franchise, lui aussi, opère sa transformation. Aujourd’hui, franchiseurs comme franchisés ne doutent plus : le numérique contribue à stimuler business et croissance. Tour d’horizon.
La mue numérique se poursuit – et s’accélère – pour les réseaux de franchise. Bien sûr, il y avait eu durant la trop longue parenthèse Sars-CoV-2 l’émergence du click and collect afin que les enseignes puissent ne pas stopper leur activité dans un monde alors confiné. D’une nécessité, pour répondre à l’urgence et survivre pour nombre de réseaux, la pratique est restée. Des crises naissent souvent des opportunités. Aujourd’hui les Français jurent beaucoup par les services numériques. Plus de 70 % achètent désormais en ligne (+6 points en un an), dont 41 % de manière systématique. Le recours aux prises de rendez-vous en ligne (64 %) et au click & collect (59 %) s’installe dans les habitudes, chiffre l’enquête annuelle de la franchise Banque Populaire, avec la Fédération Française de la Franchise (FFF) et Kantar. Alors les franchises s’adaptent.
Utiliser les réseaux sociaux
Facebook, Instagram, TikTok & co… Les Français aiment les réseaux sociaux ! À en croire les chiffres d’une étude menée par Eskimoz et Ipsos, et parue en juin 2025, plus de la moitié d’entre eux démarrent désormais leur recherche d’un produit directement sur une plate-forme e-commerce, tandis que 30 % des 18-34 ans cherchent de nouveaux produits et marques sur les réseaux sociaux. Toujours selon l’enquête FFF et Banque Populaire, 83 % des franchisés sont présents sur au moins un réseau social (et même 95 % chez les moins de 35 ans). Dans le détail, Facebook serait le réseau le plus utilisé (76 %), suivi par Instagram (61 %), très populaire chez les jeunes (76 % chez les moins de 35 ans). En revanche, les autres plates-formes comme TikTok et X sont peu investies (environ 11 % des franchisés les utilisent). Visibilité, notoriété, fidélisation de clients… les « RS » sont devenus incontournables pour la stratégie des réseaux de franchise.
La publicité ciblée locale se développe, « la publicité permet d’aller plus loin en ciblant précisément la zone de chalandise. Par exemple, un franchisé peut concentrer ses efforts sur un rayon d’un kilomètre autour du point de vente ou cibler les zones où un concurrent est actif. Cela rend l’investissement publicitaire beaucoup plus stratégique et mesurable », explique pour L’Officiel de la Franchise Mickael Legal, Client Solution Manager, Retail chez Meta.
Les réseaux sociaux, c’est aussi un lieu où l’on recrute. Mais recruter prend évidemment du temps. Nombre de franchises font appel à des sociétés extérieures, « en digitalisant leur recrutement, les franchisés gagnent du temps et de l’argent. Un équipier absent à la dernière minute ? Une rencontre sportive qui fait grimper la fréquentation ? En quelques clics, ils trouvent facilement du renfort qualifié. Résultat : une meilleure gestion de l’absentéisme, des pics d’activité maîtrisés et une qualité de service renforcée. Les solutions digitales de recrutement sont de vrais leviers de performance. En les connectant quasi instantanément avec des candidats qualifiés et en les libérant des démarches administratives, ces solutions permettent aux franchisés de se concentrer sur l’essentiel : développer leur activité », nous confie Jean-Baptiste Achard, cofondateur de StaffMe, spécialiste des missions ponctuelles, qui travaille notamment avec McDonald’s.
L’IA, une révolution ?
« Pour moi l’IA c’est un super assistant pour le retail. Mais le coeur du commerce reste l’humain : attirer un client c’est bien, le faire revenir c’est le vrai défi. À l’Atelier du Sourcil on utilise des outils boostés à l’IA, comme le diagnostic de peau, pour soutenir les équipes et enrichir l’expérience. La technologie est là pour aider, jamais pour remplacer. Dans le commerce, on a toujours mille anecdotes qui prouvent que c’est l’humain qui fait la différence », défend Alexandre Halpérin, directeur Retail & Franchise chez IEVA Group.
L’intelligence artificielle, oui, mais au service de l’humain – et non pas l’inverse. Un constat partagé par Xavier Belvaux, directeur général de We Invest France et professionnel de l’immobilier : « On parle beaucoup d’intelligence artificielle comme d’une révolution. Pour ma part, je la vois surtout comme une chance : celle de remettre l’humain au coeur de notre métier. Dans l’immobilier, ce qui fait la différence, ce n’est pas la vitesse d’un algorithme, mais la qualité du lien que nous créons avec chaque client. L’IA ne remplace pas ce lien : elle nous aide à le renforcer. En simplifiant nos processus, en réduisant les tâches chronophages, en automatisant ce qui est répétitif, elle libère un gain de temps précieux. Décrypter les données de marché avec plus de finesse, anticiper les besoins des territoires… voilà ce que l’IA nous apporte. Mais le vrai bénéfice est ailleurs : ce temps dégagé, nous le réinvestissons dans ce qui compte vraiment : écouter, comprendre, accompagner. »
Ce temps dégagé grâce à l’intelligence artificielle permet aux franchises de se recentrer sur l’essentiel. L’accompagnement donc. Le business aussi, qui va de pair ! Le digital, et notamment l’IA, est un levier pour se distinguer de la concurrence. Dimitri Pontif, fondateur de Bizness-Match, en est convaincu, son approche phygitale et son recours à l’IA font partie intégrante de sa stratégie. Son business ? proposer une plate-forme intuitive pour que les chefs d’entreprise puissent trouver un partenaire, un prestataire ou un client sans passer par une recherche nominative ou par un référencement particulièrement complexe. En plus de la plate-forme, des clubs physiques se déploient sur le territoire français et à l’étranger, en franchise.
« L’IA nous fait gagner un temps précieux pour l’organisation de nos événements, avant, pendant et après. Sur des questions très pratiques comme la facturation jusqu’à la mise en relation entre différents membres », illustre l’entrepreneur. Bref, 87 % des franchiseurs considèrent l’IA comme incontournable, 80 % y voient une opportunité et 60 % l’utilisent déjà (+24 points en 1 an), d’après les chiffres Banque Populaire -FFF.
GEOFFREY WETZEL


















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