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TRIBUNE. Près d’une prestation à domicile sur deux en France reste aujourd’hui non déclarée. C’est le constat préoccupant révélé par notre étude « Stop au travail au noir », menée par becoming pour Oui Care en mai 2025. Si ce chiffre recule légèrement depuis 2022, il témoigne d’une réalité persistante : le travail dissimulé demeure profondément ancré dans les pratiques. Par Guillaume Richard, PDG fondateur du groupe Oui Care.
Pour 43 % des Français, le recours à une aide non déclarée est d’abord un moyen de faire des économies. Ce qui est généralement inexact et montre le défaut de connaissance du dispositif fiscal car grâce au crédit d’impôt, le coût effectivement supporté est réduit de 50 % pour tous les clients, qu’ils soient imposables ou non.
Au-delà, les conséquences sont importantes pour les salariés non déclarés : absence de droits sociaux, précarité, dépendance au conjoint, inégalités entre les femmes et les hommes… Dans un secteur très largement féminisé, le travail déclaré est plus qu’une formalité administrative : c’est une véritable condition de reconnaissance, de protection et de dignité.
Les outils à connaitre
Dans ce contexte, les dispositifs fiscaux comme le crédit d’impôt et l’avance immédiate jouent un rôle déterminant. Ils encouragent la formalisation de l’emploi et soutiennent le pouvoir d’achat des ménages. Pourtant, leur pérennité est remise en question chaque année dans le débat budgétaire. Or, 84 % des Français estiment qu’une réduction ou une suppression du crédit d’impôt favoriserait le travail non déclaré, et près d’un quart des clients renonceraient totalement à leurs prestations. Ces données doivent alerter : réduire ces dispositifs reviendrait à fragiliser tout un pan de notre économie de proximité.
Le crédit d’impôt ne doit pas être vu comme une niche fiscale mais comme un dispositif social. En effet, il crée et formalise des emplois locaux, soutient la professionnalisation du secteur et lutte efficacement contre le travail dissimulé. Le supprimer reviendrait à affaiblir un cercle vertueux au profit d’un système précaire et inégalitaire. Au final, cela accentuerait les inégalités sociales et les premières victimes seraient les salariés de ce secteur.
Mais pour que ces outils produisent pleinement leurs effets, encore faut-il qu’ils soient connus et compris. Trois ans après sa création, l’avance immédiate de crédit d’impôt reste méconnue : seul un Français sur deux sait qu’elle existe, et la moitié ignore encore qu’elle rembourse 50 % des sommes dépensées.
Pour un modèle entrepreneurial utile, humain et inclusif
Chez Oui Care, entreprise à mission, « prendre soin » fait partie intégrante de notre raison d’être : prendre soin de nos clients, de nos salariés, de nos franchisés et de la société dans son ensemble. Le modèle de la franchise joue d’ailleurs un rôle clé dans la lutte contre le travail non déclaré. En structurant l’activité autour d’entreprises locales solides, formées et accompagnées, il garantit la qualité des prestations, la conformité réglementaire et la transparence des pratiques.
Nos franchisés – des chefs et cheffes d’entreprises d’agences O2, APEF, La Compagnie des Lavandières, Les Bienveillants et Les Petits Bilingues – sont des acteurs de l’économie déclarée, créateurs d’emplois et d’impact territorial. La franchise apporte ainsi au secteur de l’emploi à domicile ce qui lui manquait souvent : un cadre entrepreneurial professionnel, capable de concilier performance économique, éthique et utilité sociale.
Défendre le crédit d’impôt, c’est donc défendre bien plus qu’un avantage fiscal : c’est préserver un modèle d’entrepreneuriat utile, humain et inclusif. C’est faire le choix d’une économie déclarée, durable et juste, celle que nos franchisés font vivre chaque jour sur le terrain.


















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