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Avis aux franchisés et futurs franchisés : une fois que vous avez choisi votre secteur d’activité, se pose la question du lieu d’installation. Centre-ville, périphérie, zone commerciale, industrielle… Le lieu d’implantation de la franchise est un choix décisif à ne pas prendre à la légère !
Avant de choisir un emplacement précis, encore faut-il identifier le bon territoire. Région, département, bassin de vie… Cette première étape est déterminante pour maximiser les chances de réussite d’un projet en franchise. Pour aider les futurs franchisés à orienter leur choix, Ciril Group a publié en 2025 son Baromètre du dynamisme en franchise. Cette étude dresse une cartographie des territoires les plus attractifs en croisant plusieurs indicateurs, parmi lesquels les visites enregistrées lors de Franchise Expo Paris, les états locaux de marché réalisés par Ciril Group dans le cadre de la remise des documents d’information précontractuelle (DIP) ainsi que des données fournies par différents partenaires. Selon le baromètre, les Pays de la Loire arrivent en tête des régions les plus attractives pour ouvrir une franchise, devant le Centre-Val de Loire et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Réaliser une analyse géomarketing
Avant de s’installer, une étape incontournable : vérifier que le territoire est en phase avec le concept ! C’est là qu’entre en jeu le géomarketing. Le principe ? analyser le potentiel commercial d’une zone en s’appuyant sur des données démographiques, économiques et concurrentielles. Première étape, définir la zone de chalandise, c’est-à-dire le périmètre d’où proviendra la majorité de la clientèle. Cette zone est généralement calculée en temps de trajet (méthode isochrone), un critère qui varie selon l’activité. « On définit la zone de chalandise en fonction du temps de trajet nécessaire pour rejoindre le point de vente. Il faut être réaliste : selon le secteur, les clients ne feront pas plus de vingt minutes de voiture. En restauration, la règle est plutôt de quinze minutes à pied ou en voiture. Pour un magasin de meubles, ils accepteront jusqu’à une demi-heure. Tout dépend donc du secteur, mais c’est le premier critère », développe Brice de Marcillac, Customer Success Manager chez Smappen, dans les colonnes de L’Express Franchise. L’analyse ne s’arrête pas au périmètre ou au temps de trajet nécessaire pour se rendre au point de vente. Elle intègre également le profil socio-démographique de la population, les revenus, les flux de déplacement, la concurrence, la présence d’établissements scolaires ou encore les habitudes de consommation. Autant d’indicateurs qui permettent d’évaluer le potentiel réel d’un emplacement. Les outils évoluent également grâce à l’intelligence artificielle. Présenté le 9 juillet 2026, lors d’un webinaire, Smappen AI entend assister les franchiseurs et les porteurs de projet dans leur stratégie d’implantation. « Nous n’avons pas voulu créer un simple chatbot. Nous avons ajouté un assistant IA directement sur la carte, capable non seulement d’analyser les données mais aussi d’effectuer des actions dans l’application », explique Laurent Leclerc, co-dirigeant de Smappen AI. L’outil est capable de cartographier un réseau existant, d’identifier les caractéristiques communes de ses implantations performantes puis de rechercher automatiquement de nouveaux territoires qui répondent aux mêmes critères. À partir de l’exemple du réseau de salles de sport Wefit, l’application montre ainsi que l’enseigne se développe principalement dans les villes petites et moyennes, où la concurrence reste limitée. En croisant des critères comme la densité de population, le niveau de concurrence ou le temps d’accès, l’IA est ensuite capable de proposer de nouvelles communes présentant un profil similaire. Les utilisateurs peuvent affiner la recherche en définissant leurs propres critères : un minimum de 10 000 habitants, une zone accessible en moins de dix minutes ou encore un département précis. Autre évolution de fond : la taille des points de vente. Les surfaces commerciales tendent à diminuer, sous l’effet du coût élevé du foncier mais aussi de l’évolution des concepts. De nombreuses enseignes parviennent désormais à générer un chiffre d’affaires conséquent sur des formats plus compacts.
Faut-il éviter les centres-villes ?
« Les centres-villes n’attirent plus personne, ils sont désertés par la population et les commerçants car ils sont devenus trop chers. » C’est ce que l’on ne cesse d’entendre. Pour quelle réalité ? « Il ne faut pas tout mélanger. Des villes comme La Baule, Annecy ou Arcachon ne connaissent aucun problème d’attractivité. À l’inverse, certaines villes ont traversé des périodes plus difficiles, mais des politiques de redynamisation portent leurs fruits. Châteauroux en est un bon exemple », illustre Emmanuel Jury, président et fondateur de Progressium. Faut-il pour autant renoncer à s’implanter en centre-ville ? Les experts répondent par la négative. Les centres-villes bénéficient de plusieurs atouts. Selon le baromètre de Centre-Ville en Mouvement, 72 % des Français considèrent le centre-ville comme un lieu indispensable, preuve de leur fort attachement à ces espaces de proximité. Le choix dépend avant tout du concept. Les activités qui nécessitent peu de surface ou peu de flux automobiles trouvent naturellement leur place en coeur de ville : services à la personne, coffee shops, restauration rapide qualitative, commerces alimentaires spécialisés, chocolateries, caves à vin, services de réparation ou encore activités b to b. Ces enseignes recherchent avant tout une clientèle urbaine, active et souvent dotée d’un pouvoir d’achat plus élevé. « Globalement, il y a davantage de pouvoir d’achat en centre-ville qu’en périphérie. On y retrouve des enseignes plus premium. La périphérie correspond davantage au mass market et aux activités qui nécessitent de grandes surfaces », résume Emmanuel Jury. La périphérie conserve évidemment des avantages pour les concepts d’équipement de la maison ou les activités nécessitant des locaux importants. Mais là aussi, les modèles évoluent. « Aujourd’hui, même les enseignes de périphérie réduisent leurs surfaces. Les coûts de construction et le prix du foncier poussent tout le monde vers des formats plus compacts. » Faut-il s’implanter au coeur d’une zone déjà très concurrentielle ou miser sur un territoire encore peu exploité ? « Je préfère la stratégie d’évitement. Arrêtons d’aller dans la bataille où il y a tout le monde en espérant que notre franchisé fera mieux que les autres. Il n’est pas magicien. Si le client ne vient pas, il ne vient pas. » Pour Emmanuel Jury, la stratégie de « l’océan bleu » s’impose. À l’inverse des « océans rouges », synonymes de marchés saturés où la concurrence fait rage, elle consiste à se positionner sur des territoires encore peu exploités. Dans ce contexte, « les villes moyennes ont une grosse carte à jouer. D’abord parce que les loyers y sont moins élevés. Ensuite parce que le coût de la vie est aussi plus faible pour le franchisé », avance Emmanuel Jury, expert en franchise et développement de réseau. Il n’existe pas d’emplacement idéal dans l’absolu. Le meilleur choix reste celui qui correspond au concept, à sa clientèle cible et aux spécificités du territoire. C’est précisément ce que permet de valider une analyse géomarketing approfondie avant toute implantation.












































